
du NAVIRE-HOPITAL “ L’HUMANITE I”
La Commission de sécurité et de santé du navire-hôpital “L’Humanité s’est réunie le 14 mai 1999 au Siège de l’Organisation des Nations Unies, a demandé à son Président “d’établir dès que possible un rapport préliminaire sur le concept d’opération de l’emploi du navire humanitaire et ses normes de construction en vue de la saisine de l’Assemblée générale de l’ONU” ( cinquième résolution)
Après plusieurs réunions de la Commission à l’ONU, des visites techniques de navires-hôpitaux militaires et de navires civils, l’étude du fonctionnement de certains centres hospitaliers aux Etats-Unis, en France et au Viet Nam et grâce à la coopération de grands organismes maritimes internationaux, il est possible désormais d’établir le rapport préliminaire réclamé par la Commission.
1- Concept d’opération du navire-hôpital “L’Humanité I”
De tout temps, et surtout en période de guerre, les pays ont eu recours à des navire-hôpitaux pour soigner leurs blessés, le plus souvent en réaménageant des navires civils.
Ainsi, les blessés de la guerre des Malouines en 1982 ont été traités à bord de navires argentins et britanniques, réaménagés en hôpital flottant et opérant dans des “zones neutres” en haute mer. Plus tard, les militaires américains blessés pendant la Guerre du Golfe en 1991 ont été soignés à bord du navire-hôpital USNS Comfort, qui, par la suite est intervenu au moment du 11 septembre 2001 pour porter secours aux blessés du World Trade Center à New York.
De plus, les périodes douloureuses d’après-guerre et les besoins immenses de la planète en assistance médicale ont amené certaines organisations humanitaires à mettre en service de petits navires-hôpitaux qui se limitaient le plus souvent à des opérations ponctuelles, en évitant d’intervenir dans les zones de conflits armés.
Le tableau du sort quotidien de l’humanité souffrante est affigeant. Partout des conflits éclatent, amenant son flot de réfugiés désemparés. Partout, on ne voit que souffrance de victimes démunies, de réfugiés traumatisés, pourchassés et totalement dépendants des secours providentiels de la communauté internationale.
Lors des confrontations armées, les victimes, souvent d’innocents civils, n’ont pas la possibilité de se faire soigner en raison de l’insuffisance ou de la destruction de l’infrastructure hospitalière locale.
Par ailleurs, des continents entiers continuent à être ravagés par de grandes épidémies ou des fléaux commes le sida, la malaria et la tuberculose, qui n’arrivent pas à être enrayés et qui, même, reprennent actuellement de la vigueur.
La pauvreté extrême en est la cause principale: comment se soigner et acheter des médicaments quand on survit à peine, complétement démuni.
En outre, la planète est rentrée dans le cycle d’une guerre mondiale d’un genre nouveau: la guerre contre le terrorisme international qui oblige les Etats face à un ennemi imprévisible, à consacrer beaucoup d’argent et d’énergie pour assurer en priorité leur sécurité, reléguant au second plan les grandes causes humanitaires,. qui pourtant les préoccupent.
Les pays riches n’arrivent plus à répondre correctement aux drames humanitaires qui surviennent après des catastrophes naturelles d’une violence inouie terrassant des populations entières comme le tsunami en Asie du Sud-Est et l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans en août 2005.
Les besoins sont tels que l’OTAN a décidé de construire et de mettre en service ses propres navires-hôpitaux, dans le cadre de ses interventions militaires.
Mais l’OTAN n’a pas la vocation de l’ONU, qui a pour mission de porter secours à l’humanité souffrante. De plus, les Nations Unies n’ont pas de flotte propre et les navires sous son pavillon n’interviennent que dans le cadre limité des opérations de maintien de la paix.
Il fallait donc imaginer un concept original adapté à la situation spécifique des Nations Unies, compte tenu de sa mission salvatrice pour le monde.
C’est la première fois qu’un tel concept existe capable de:
de sexe ou de conviction politique ou religieuse, en conformité avec la
philosophie de l’ONU et garantir une neutralité absolue d’intervention, une
interdiction de prendre partie.
L’idée d’un navire hôpital pour porter secours à l’humanité souffrante a été conçue après le traumatisme des massacres de Sarajevo en ex-Yougoslavie en 1994.
Dès 1995, des négociations ont été ouvertes auprès de M. Francesc Vendrell, Directeur des Affaires politiques pour l’Asie du Sud-Est, qui avait inauguré le Cercle de Réflexion à l’ONU un an plus tôt.. En 1996, à l’issue d’une première étude interne, M. Alvaro de Soto, Secrétaire général adjoint, considérait déjà que ce projet avait “des chances d’être accepté par l’Assemblée générale des Nations Unies”.
En 1997, M. Bernard Miyet, Secrétaire général adjoint pour les opérations de maintien de la paix, qualifiait le navire-hôpital “L’Humanité I” “d’idée à la fois généreuse et admirable” et, à l’occasion d’un entretien privé en 1998, évoquait la possibilité d’utiliser ce navire sur les théátres d’opération des casques bleus.
En 2000, il accordait “ son plein soutien” au projet.
Pendant ces pourparlers, des contacts ont été pris avec le Comité d’Etat-Major de l’ONU pour aborder les questions de sécurité du navire-hôpital lors de ses inteventions dans les zones de conflits armés.
C’est dans ce contexte que la Commission de sécurité et de santé du navire-hôpital “l”humanité I” s’est réunie pour la première fois au Siège de l’ONU le 14 mai 1999 avec la participation de 20 pays, après que cinq experts militaires eurent été nommés par leurs gouvernements auprès de cette Commission, savoir:
- Le Lieutenant - Colonel Magoudou Soumalia des Forces Armées du Bénin
- L'Enseigne José Alberto Mena Martinez de la Marine de la République
Dominicaine
- Le Capitaine Joseph Nii Laryea des Forces Armées du Ghana
- M. Toto Riyanto, Expert militaire de la Mission permanente de
l'Indonésie auprès de l'ONU
- Le Lieutenant - Colonel Djibo Tahirou, Attaché de défense à l'Ambassade du
Niger à Washington
De la première présentation du concept du navire-hôpital à l’ONU lors de la deuxième Assemblée générale du Cercle de Réflexion du 17 juin 1997 à la quatrième réunion de la Commission de sécurité et de santé du navire-hôpital “L’Humanité I” du 1 novembre 2004, 32 Etats Membres et Observateurs des Nations Unies ont accueilli favorablement ce projet. Il s’agit des Etats suivant::
Afrique du Sud,Algérie, Australie, Bangladesh, Bénin, Bulgarie, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cap-Vert, Congo, Côte d'Ivoire, Croatie, Etats-Unis d'Amérique, Fédération de Russie, Fiji, France, Ghana, Grenade,Indonésie, Jamaïque, Lesotho, Mali, Maroc, Mauritanie, Monaco, Niger, Ouganda, Papouasie- Nouvelle-Guinée, Pays Bas, Suisse et Ukraine.
A la suite de discussions engagées avec M. Sergio Viera De Mello, alors Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonateur des secours d’urgence , il apparut clairement qu’aucun département de l’ONU ne souhaitait prendre la responsabilité de la gestion directe de ce navire, écartant définitivement l’idée d’une donation pure et simple du navire-hôpital aux Nations Unies.
C’est pourquoi désormais, seule l’option de la mise à disposition du navire-hôpital au profit exclusif de l’ONU avec un droit de priorité quant aux choix des lieux d’intervention est désormais proposée.
Entre 1999 et 2004, la Commission de sécurité et de santé du navire-hôpital “L’Humanité I”, réunie à plusieurs reprises à l’ONU, a arrêté définitivement les grandes options fondamentales du navire-hôpital en décidant que:
2-1-1- Le navire doit-être un navire civil ordinaire, excluant la reprise de bateaux militaires ou même de navires-hôpitaux militaires qui ont des spécificités de fabrication et d’agencement pouvant remettre en question la neutralité du navire-hôpital opérant dans des zones à risque. De même, le recours à une coque renforcée ou blindage a été jugée inefficace pour pallier aux risques de mines flottantes ou de tirs de roquette.
C’est pourquoi la recherche s’est concentrée sur la reprise d’un navire-hôpital civil existant ou d’un paquebot réaménageable en hôpital comme le célèbre transatlantique “Le France/Norway”, qui, suite à une visite technique effectuée en 2005 dans le port de Bremerhaven en Allemagne, offrait la possibilité d’extension de l’hôpital existant déjà à bord..
armes de défense personnelle qui ont été jugées dangereuses et de nature à justifier une attaque ou une riposte armée sous divers prétextes de légitime défense.
La Commission a estimé que la protection du navire devra être assurée par:
du navire-hôpital coopérer ant avec le Département de
l’information de l’ONU qui est en relation avec tous les grands médias
internationaux,.
permettant de détecter des forces d’agression ou de terrorisme comme les opérations de commandos ou des bombes à retardement,
soignant sur la sécurité et le sauvetage, notamment en cas d’incendie à bord,
- L’accompagnement de forces navales coopérantes, particulièrement les
forces d’opération de maintien de la paix de l’ONU pour lesquelles
“une protection de principe” est demandée; le navire devant être
stationné dans une zone d’opération à l’abri des agressions armées.
et la sécurité du navire. A l’origine c’est la notion de “technologie militaire” qui avait été retenue pour l’équipement du navire; mais la Commission a abandonné cette idée, suite aux critiques justifiées de l’US Navy qui craignait que le recours à la technologie militaire créerait une confusion sur l’objectif humanitaire du navire qui risquait d’être pris pour “un navire de guerre”. Ce navire ne doit pas utiliser les codes secrets militaires de communication avec les forces bélligérantes aux conflits et doit pouvoir se faire facilement identifier comme un bateau de la paix, reconnu et protégé internationalement.
parfaitement agencé pour traiter en urgence les blessés de guerre, accueillir le flot des réfugiés et bénéficier ainsi de l’expérience de la médecine militaire.
Cette option a été approfondie lors des visites techniques effectuées en 1999 et
2000 à bord de deux navires-hôpitaux militaires américains et français: l’USNS Comfort dans le port de New York avec une délégation de pays représentés à l’ONU et “la Foudre” dans le port de Koweit City au Koweit.
neutralité acceptable”; la Commission ayant vivement souhaité que ce pavillon soit celui de l’ONU. A l’analyse, il est apparu que l’Organisation des Nations Unies, n’ayant pas de flotte propre, n’a pas établi de réglementation en matìère de navigation internationale et, par conséquent, ne peut octroyer qu’un pavillon secondaire.
Par la suite, les consultations des pays ayant participé à la Commission n’ont pas permis de dégager un consensus quant au choix définitif du pavillon d’immatriculation, qui pourrait-être celui d’un pays traditionnellement pacifique ou d’un pays définitivement tourné vers la paix et non actuellement impliqué directement ou indirectement dans des conflits armés..
Il est à noter que le navire-hôpital devra arborer en outre le drapeau blanc avec une grande croix rouge, imposé par la IIème Convention de Genève de 1949 pour la protection des navires-hôpitaux en opération dans les zones de conflits armés.
2-2-1- Le type d’hôpital
A l’origine, ce navire-hôpital était prévu avec une capacité de 1200 lits, 20 salles d’opération dirigés par 200 médecins provenant de toutes les régions du monde. Telles sont les normes qui figurent encore dans la “lettre ouverte à l’opinion publique internationale” du 11 novembre 1998 publiée par le Cercle de Réflexion et qui a donné lieu à la mobilisation des pays lors de la création de la Commission une année plus tard..
Par la suite, une autre option plus limitée a été étudiée sur la base de 150 à 300 lits permanents et une possibilté de 300 lits supplémentaires ponctuels en cas de graves catastrophes humanitaires.
Quelle que soit la capacité du navire, il est apparu indispensable que l’hôpital puisse traiter:
et également assurer une formation pratique médicale à des docteurs-étudiants provenant de toutes les régions monde et découvrant, dans l’action concrète, les vertus enseignées par le Serment universel d’Hypocrate.
Le navire-hôpital en opération restera en liaison étroite avec:
2-2-2- Une filière de médicaments
Une partie du stock pharmaceutique pourrait provenir de la récupération de médicaments en cours de validité, qui sont retirés du marché commercial parce qu’ils ne sont plus prescrits. Le Ministère français des Affaires étrangères a proposé de mettre à disposition gratuite un hangar à l’aéroport parisien Orly pour stocker les médicaments recueillis dans les pharmacies afin d’être expédiés sur les lieux d’intervention du navire-hôpital.
De plus, l’UNICEF, qui dispose d’un vaste entrepôt de médicaments aux Pays-Bas, pourrait contribuer à la fourniture de médicaments gratuits, complétée par les dons en médicaments de certains pays où le navire-hôpital fera escale.
2-2-3- Les lieux d’opération
Des discussions préliminaires ont été menées avec l’Ambassade du Maroc à Paris sur une “escale type” dans un des grands ports de ce pays. Pour permettre les soins gratuits à sa population nécessiteuse, le Maroc pourrait fournir, le temps de l’escale, l’assistance d’une équipe médicale, les besoins en médicaments, la nourriture spécifique locale et offrir du matériel médical comme contribution du Maroc à cette grande cause humanitaire.
L’analyse des conflits mondiaux montre très clairement que le Moyen-Orient et, particulièrement la Palestine, sont actuellement des foyers principaux où se joue le sort de la paix mondiale. L’Assemblée génerale de l’ONU dans ses résolutions 57/147 “Assistance au peuple palestinien” du 16 décembre 2002 et 58/91 “Aide aux réfugiés palestiniens” du 9 décembre 2003 a fait plusieurs fois appel à la communauté internationale. Répondant à cet appel, le Cercle de Réflexion a organisé en mai 2003 une Conférence internationale à l’Hôtel Bristol à Paris sur le thème” Un navire-hôpital pour la Palestine”.
Les besoins de la planète en assistance médicale sont énormes et il est évident qu’un seul navire-hôpital est loin de répondre à toutes les demandes. Par conséquent, les lieux d’intervention du navire vont être choisis en tenant compte de l’urgence, de la proximité du navire et des priorités humanitaires favorisant le rétablissement de la paix
2-2-4- La coopération technique maritime
Un accord de gestion du navire à été signé le 14 mai 1999 avec SUNY Maritime College et le Groupe Helm de New York et l’US Navy de Washington a proposé d’assurer la formation intensive de l’équipage et du personnel médical sur la sécurité.
Par ailleurs, des relations étroites ont été nouées avec le société ABS Suisse qui s’est chargée de l’expertise technique du transatlantique “France/Norway” et qui a conduit jusqu’à présent les difficiles négociations de reprise.
Il est en outre prévu que des stagiaires, provenant de grandes écoles maritimes de différent pays, pourront effectuer des stages pratiques à bord du navire-hôpital.
Il est également probable que les principaux postes de l’équipage seront doublés par des stagiaires, notamment vietnamiens, afin de préparer l’ossature de l’équipage du second navire-hôpital, qui est d’ores et déjà programmé.
![]() Le "Norway/France" - Port de Bremerhaven-Allemagne 2005 |
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2-2-5- Les “zones neutres de transit protégées”
La Commission a appouvé la création de “zones neutres de transit protégées” à terre chargée d’accueillir les victimes et les réfugiés en partance ou en provenance du navire-hôpital.
Il est en effet indispensable de pouvoir bénéficier d’une zone d’accueil protégée pour effectuer:
traitement à bord,
des Nations Unies pour les réfugiés ( UNHCR),
- les premières mesures de sécurité avant l’accès à bord.
3-Le drapeau de l’Organisation des Nations Unies sur le navire-hôpital “L’Humanité I” et la création d’une “cellule d’urgence” à l’Organisation des Nations Unies
L’humanité n’a pas de drapeau. C’est l’ONU qui est l’écho de sa voix, qui porte le flambeau de la compassion du monde et tout l’espoir de l’humanité souffrante et démunie.
Un des symbole de cette compassion est le navire-hôpital “L’Humanité I” qui sera mis à la disposition exclusive des Nations Unies. Il est, pour tous les peuples du monde en détresse, un refuge, une conscience collective, un retour à l’identité, à la dignité humaine, un acte élémentaire d’amour et de solidarité qui est la raison d’être de la Charte de l’Organisation des Nations Unies.
Par cette vocation universelle, il est avant tout un “Ambassadeur de paix” sur toutes les mers et océans, portant haut l’esprit des Nations Unies.
Par ailleurs, un grand nombre de pays ont un urgent besoin d’ assistance médicale et il n’est pas aisé, lorsque plusieurs drames humanitaires se jouent en même temps, de décider du meilleur lieu d’intervention.
C’est pourquoi la Commission a proposé la création d’une “cellule d’urgence” disposant d’un bureau à l’ONU et qui déciderait de la priorité des lieux d’opération du navire, en liaison avec les représentants des pays et des départements des Nations Unies concernés.
2- Autoriser la création d’une “Cellule d’urgence” disposant d’un bureau à
l’Organisation Nations Unies pour décider des lieux d’intervention du navire-
hôpital, en liaison étroite avec les départements de l’ONU et les Etats
Membres et Observateurs concernés.
New York le 17 novembre 2006
Siège de l’Organisation des Nations Unies
Jean-Luc Pérez
Président
de la Commission de sécurité et de santé
du navire-hôpital “L’Humanité I”