Le Cercle de Réflexion des Nations



LETTRE OUVERTE

A TOUS LES PEUPLES DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES

UN

               Aujourd’hui, notre planète est plongée tout entière dans un chaos dû à l’effondrement soudain et brutal de l’économie mondiale. Pris dans les tourmentes de ce marasme, les Etats doivent éviter l’écueil de leur propre banqueroute, mais aussi écarter le spectre d’un naufrage social qui conduirait inévitablement à des guerres civiles avec la montée en puissance des dictatures. La paix mondiale est donc plus que jamais menacée. Analysant les causes de ce chaos, les Etats s’accordent à penser que cette crise sans précédent cache en réalité une crise profonde du comportement humain qui est celle du manquement aux devoirs fondamentaux de l’homme. Le principe de ces devoirs a été évoqué par l’ONU dans la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948. Cette Déclaration fait en effet référence à des “devoirs” de l’individu envers sa communauté  (Article 29) et précise, dans le Préambule,  que chaque individu est considéré comme membre de la famille humaine animé d’un esprit de fraternité. Par conséquent, tous les peuples des Nations Unies sont frères et liés dans le coeur par un même sang spirituel provenant de leur appartenance à cette même famille humaine. Cette fraternité spirituelle doit engendrer des devoirs spirituels capables de garantir les droits.

              Or les droits sans devoirs préalables sont des droits potentiellement menacés. C’est pourquoi il ne faut blâmer aucun Etat si certains de ces droits universels ne sont pas toujours respectés, puisque le modèle de comportement sur lequel reposent les devoirs spirituels n’est pas encore défini. Faute de devoirs, il est incontestable que la destruction de la Terre, déjà engagée, entraînerait inévitablement celle de tous les êtres humains. Or “tout invidu a le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne”(Article 3 de la Déclaration de 1948). Il s’agit donc d’un droit universel fondamental et ainsi le premier devoir de l'homme est de préserver la vie humaine menacée d’extinction. C’est dans ce contexte alarmant qu’est intervenue la “Déclaration du  devoir de l’Homme” adoptée le 1er mars 2006 au Siège de l’Organisation des Nations Unies sous l’impulsion du Cercle de Réflexion des Nations. Ce texte fondateur et visionnaire, adopté en présence des représentants de 18 pays, affirme bien que:

"La Terre est le premier patrimoine de l’Humanité,
la  protéger est le premier devoir de l’Homme”

              Cette constatation confirme que les devoirs de l’homme résulteront d’un état d’esprit fondé  non pas sur la contrainte, mais sur un réflexe de maîtrise de soi librement accepté comme un modèle de force et de courage spirituel.

              En effet la liberté fondée sur l’absence de partage, qui a dominé l’économie mondiale lors des dernières décennies, non seulement ignore “l’esprit de fraternité’ de la Déclaration de 1948 et le “premier devoir de l’Homme”  de la Déclaration de 2006, mais aussi s’oppose aux buts et aux principes des Nations Unies en menaçant directement la paix et la sécurité internationales.
            Pour toutes ces raisons, il apparaît désormais  impérieux que l’Assemblée générale des Nations Unies puisse adopter une “Déclaration des devoirs de l’homme” pour sortir du chaos mondial et préserver le fragile équilibre de la paix dans le monde en définissant les principes d'un nouveau comportement humain. Ainsi, ce nouvel homme libre du XXIème siècle  pourrait bien s’inspirer des grands idéaux-types ayant éclairé l’humanité en puisant dans les philosophies et religions traditionnelles, mais aussi dans les modèles empiriques de l’histoire apparus au moment des conflits dans certains pays du monde. La nouvelle gouvernance mondiale devra, à ce titre, s’appuyer sur les devoirs fondés sur la fraternité spirituelle, agir dans l’esprit comme un contrepoids à la liberté et puiser dans le coeur de l'homme là où la paix s'épanouit. Dans cette perspective,  le Cercle de Réflexion crée une “Commission des devoirs de l’homme”, qui pourra être aidée par des comités nationaux ouverts dans les Etats Membres et Observateurs de l’ONU, lesquels seraient à l’écoute de la sagesse humaine enrichie des expériences et des cultures des peuples de chaque pays. Car agir ensemble c’est agir pour la paix, puisque“ensemble, nous sommes la paix”.

 

New York, le 10 avril 2009

 

 

  

Michel Thao Chan                                 Jean-Luc Pérez

Fondateurs du Cercle de Réflexion des Nations